INTERVIEW

FILS DE L'EPICIER (LE)

© Les films du losange

LE FILS DE L'EPICIER


Eric Guirado, Nicolas Cazalé et Clotilde Hesme

réalisateur – scénariste, acteur et actrice


Abus de ciné:
La ruralité est un personnage de votre film...

Eric Guirado:
Il s'agissait d'un vieux projet. Et l'épicerie était déjà un sujet de mes documentaires. Tous les personnages du film ne sont ainsi pas des acteurs. Nous avons trouvé la figuration sur place. Ainsi, dans un village, un couple de papy et mamy magnifiques ont été repérés en pleine discussion. Ils étaient vifs et intelligents et ont donc participé. Il fallait ne jamais être faux avec les seconds rôles, garder la couleur de la capagne, sans tomber dans les clichés...

Abus de ciné:
La famille semble être toujours un lieu douloureux...

Eric Guirado:
Je l'ai un peu vécue comme cela. Une sorte de famille qui dans une trop grande pudeur ne peut énoncer que des faits. C'est Claire qui apporte l'ouverture, c'est « une tornade qui s'en va ». J'avais envie de planter une sorte de famille italienne, en plein été, dans un environnement agréable. Et de là partir vers une dramaturgie familiale, le fils ayant fuit, pour se réaliser ailleurs.

Abus de ciné:
Nicolas, vous avez pris l'habitude de jouer les fils...

Nicolas Cazalé:
J'espère bien un jour faire des rôles de pères... et de grands pères... Ici, ce personnage a un peu des difficultés relationnelles. Peut être parce qu'il n'est pas en accord avec lui même. Il finira par parler lorsqu'il « se trouve ».

Eric Guirado:
Je l'avais vu dans « Le grand voyage » et Clotilde dans le film de Garrel

Abus de ciné:
Clotilde, vous voyez votre personnage comme fuyant (elle veut partir en Espagne) ou volontaire?

Clotilde Hesme:
Je pense qu'elle a coupé le cordon, ce que le personnage d'Antoine n'a pas encore fait. Mais elle sait que c'est dur pour lui. Il a besoin du regard de son père, de sa bénédiction, comme une bouffée d'oxygène. Quand le père lui dit qu'il a fait un bon chiffre d'affaire, cela lui permet de respirer...

Abus de ciné:
Avez-vous été tenté de jouer plus à fond la jalousie entre les deux frères, autour de la fille?

Eric Guirado:
Cela devait juste le contrarier que Claire soit en train de bosser avec son frère. Mais il devait ne pas y avoir de vrai raison... Lui ne pouvait pas régler ses problèmes sans les femmes.

Clotilde Hesme:
Il fallait que le personnage d'Antoine évolue plus qu'elle. Pour elle, il n'y avait pas de place pour autre chose que l'école...

Nicolas Cazalé:
Tous deux devaient rester sur deux trajectoires distinctes. Mais lui aurait pu se renfermer encore plus...

OB
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