affiche film

©Mars distribution

AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD


un film de Laurent Dussaux

avec : Emilie Dequenne, Frédéric Diefenthal, Edouard Montoute, Olivier Sitruk, Arthur Jugnot


Un an aprĂšs le mariage de GĂ©rard et Solange, et le tragique accident qui avait coĂ»tĂ© la vie Ă  leur ami Ben et handicapĂ© Clarisse, une bande de trentenaires se retrouve dans le chalet plein de souvenirs d’AurĂ©lia, avant que celle-ci ne le vende. Phyl arrive avec la bonne intention de se suicider aprĂšs, rien ne va plus pour les couples, la rĂ©putation d’AurĂ©lia se dĂ©grade, de vieux secrets Ă©clatent



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Photo film

Presque un sitcom sur grand écran, avec son énorme lot de clichés

La sĂ©quence prĂ©-gĂ©nĂ©rique sonne dĂ©jĂ  trĂšs faux : en Ă  peine 5 minutes, on ne croit dĂ©jĂ  plus en l’authenticitĂ© des personnages, bien que le scĂ©nariste se soit inspirĂ© de sa propre histoire (preuve que la notion de "basĂ© sur une histoire vraie", mĂȘme si elle n’est pas mentionnĂ©e au gĂ©nĂ©rique, n’est pas un gage de qualitĂ©). On sent le film-pagaille cul-cul par excellence. Le gĂ©nĂ©rique redonne espoir avec un magnifique plan-sĂ©quence hĂ©lico d’une montagne oĂč les noms s’affichent avec fluiditĂ© en se reflĂ©tant dans la riviĂšre, sur fond de musique mĂ©lancolique ("Again" de Archive). On se met alors Ă  espĂ©rer qu’une once de style pourra compenser les mauvaises impressions du dĂ©but.

Peine perdue dĂšs la fin du gĂ©nĂ©rique oĂč un motard poste des lettres, avec la voix off de FrĂ©dĂ©ric Diefenthal (censĂ© ĂȘtre sous le casque) dĂ©crivant le contenu des lettres : « Mes chers amis, quand vous lirez cette lettre, je serai mort. Si je viens ce soir, c’est pour vous voir tous une derniĂšre fois et vĂ©rifier que vous ĂȘtes heureux ». Ca pue le conformisme et le manque d’inspiration Ă  plein nez
 et ça ne fait que commencer ! La suite n’est qu’une errance pseudo-mĂ©taphysico-romantique au fil d’une de ces soirĂ©es glauques oĂč tout le monde ne pense qu’à se bourrer la gueule et fumer on-ne-sait-quoi afin de fuir la morositĂ© de leur vie et de leur entourage.

La fuite en avant des personnages est aussi inexorable que la descente aux enfers du film, et vice-versa. Les personnages de Titi et GrĂ©gory, respectivement acteur et rĂ©alisateur d’une sitcom, semblent contaminer le reste des personnages et de l’intrigue. Les dialogues quasi sitcomesques s’enchaĂźnent (le scĂ©nariste n’est autre que le crĂ©ateur du feuilleton « Une famille formidable » dont le film se rapproche Ă©normĂ©ment !) avec leur lot d’humour grotesque pseudo-intelligent (« le sperme, elle le boit en canettes »), de poĂ©sie Ă  deux balles (« un cƓur ça bande pas donc on sait jamais si c’est rĂ©ciproque »), de psychologie Ă  la mord-moi-l’nƓud (« C’est parce qu’on n’a jamais Ă©tĂ© amis qu’on n’a pas pu s’aimer ; je me disais que maintenant qu’on ne s’aime plus, on pourrait peut-ĂȘtre essayer d’ĂȘtre amis » !!!) ou encore de beaufitude enfantine extrĂȘme (« On fait quoi, un baby ou un action-vĂ©ritĂ© ? Bon de toute façon, je m’en fous, j’en ai marre, je me casse »). Mmmh
 on dirait qu’on a proposĂ© un sujet de rĂ©daction Ă  des Ă©lĂšves de 4 Ăšme pour avoir la base du scĂ©nario !

A part ça, les acteurs, mĂȘme s’ils semblent s’ĂȘtre bien amusĂ©s (encore un film plus marrant Ă  faire qu’à voir !), ne sont pas crĂ©dibles pour un sou. L’émotion ne passe que trĂšs rarement et le jeu n’est qu’épisodiquement satisfaisant (Dequenne et Montoute s’en sortent le mieux parmi les rĂŽles principaux, Lisa Martino et Vanessa LarrĂ© pour les rĂŽles plus secondaires). Tout est prĂ©visible Ă  50 km Ă  la ronde, les sĂ©quences et les personnages passent leur temps Ă  enfoncer des portes ouvertes et Ă  exploiter les plus tĂ©lĂ©phonĂ©es des situations, le rĂ©alisateur ne parvenant pas Ă  trouver un Ă©quilibre entre comĂ©die et drame. Bref il n’y a pas grand-chose Ă  sauver dans ce film qui aurait peut-ĂȘtre gagnĂ© Ă  ĂȘtre adaptĂ© Ă  la tĂ©lĂ© pour atteindre son public-type : quelques rĂ©pliques par-ci par-lĂ , quelques regards, une BO sympatique (Syd Matters, Rita Mitsouko, Hawksley Workman
), le gĂ©nĂ©rique de dĂ©but
 Pas de quoi sauter au plafond !

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