PORTRAIT

KEVIN SPACEY

Interprète

Portrait

©Benoit Michou

Kevin Spacey est aujourd’hui l’un des plus grands acteurs américains, ayant tourné avec la majorité des grands noms du Cinéma. Passionné de théâtre, il n’a pas pour autant délaissé cette partie de sa carrière et s’est aussi inspiré de ses différentes expériences pour passer derrière la caméra à deux reprises.

Kevin Spacey est né le 26 Juillet 1959 à South Orange dans le New Jersey au cœur d’une famille modeste. Petit dernier d’une famille de trois enfants, Kevin est tout sauf un enfant facile. Perturbé et violent, il ne se fait que très peu d’amis et préfère rester seul que de jouer avec les autres garçons de son âge, attitude renforcée par les nombreux déménagements qu’il connaîtra durant ses jeunes années. Pour faire face, ses parents décident de l’envoyer dans un établissement militaire, séjour qui durera uniquement quelques mois, le petit Kevin se faisant très vite renvoyer. Écumant différents établissements scolaires, il développe progressivement une passion pour le théâtre, intrigué par les différentes représentations auxquelles il assiste. C’est au lycée de Chatsworth qu’il commence à prendre des cours d’art dramatique et à occuper différents rôles dans les pièces organisées par l’école. Il multiplie alors les représentations, tout le monde lui reconnaissant un talent certain. Pour autant, celui-ci n’envisage pas de devenir acteur, préférant enseigner ou mettre en scène. C’est ainsi qu’il multiplie les lectures sur le sujet et devient rapidement un expert du théâtre, maîtrisant aussi bien les auteurs classiques que ses contemporains. Mais face à l’insistance de ses professeurs, l’idée de faire carrière en tant qu’acteur germe dans la tête du jeune adolescent. A la sortie du lycée, cette idée est même devenue une obsession, et Kevin Spacey va redoubler d’efforts pour parvenir à son objectif.

Kevin Spacey a toujours été attiré par la comédie, c’est donc tout naturellement qu’il s’oriente vers une carrière de stand-up, imitant les célébrités de l’époque sur les différentes scènes qui s’offrent à lui. Peaufinant ses talents, il décide d’intégrer la Juilliard School sur les conseils d’un ancien ami de classe, Val Kilmer. Ce passage lui permet d’intégrer la troupe du New York Shakespeare Festival, compagnie qui lui ouvre les portes de Broadway dans des rôles qui lui voudront les louanges des critiques (« Henry IV » de Shakespeare, « Le Misanthrope » de Molière, « La Mouette » de Tchekhov notamment). L’année 1986 est déterminante pour Kevin Spacey, son talent éclabousse la pièce « Le long voyage vers la Nuit », représentations qui lui permettent de côtoyer l’une de ses premières idoles : Jack Lemmon. Le Cinéma ne pouvait pas rester plus longtemps insensible au charme et aux prédispositions du jeune acteur. Il obtient un petit rôle aux côtés de Meryl Streep et Jack Nicholson dans « La brûlure » de Mike Nichols. S’éloignant du théâtre et de la comédie, il va obtenir plusieurs rôles dans des séries policières, en particulier dans « Un Flic dans la Mafia », où il incarne un trafiquant lui permettant de faire la démonstration de la simplicité avec laquelle il parvient à étaler son talent. Si son nom commence à se faire connaître dans les différentes agences de casting, le succès tarde à arriver. Ne cessant de tourner, ces apparitions se limitent souvent à quelques minutes (« Le rocher de Gibraltar », « Working Girl »). Néanmoins, ne se décourageant pas, Kevin Spacey continue à multiplier les castings et son premier véritable rôle va lui être offert par Arthur Miller, en 1989, pour la comédie loufoque « Pas nous, pas nous ». Mais sa carrière va prendre son envol, de manière considérable, uniquement en 1991, année où il incarne, pour la télévision, le célèbre avocat Clarence Darrow, prestation pour laquelle il n’hésitera pas à perdre plusieurs kilos.

Désormais reconnu par ses pairs, Kevin Spacey va avoir le privilège de pouvoir choisir ses rôles, et c’est dans les personnages de méchants, légèrement psychopathes, qu’il va le mieux s’illustrer (« Jeux d’adultes », « Swimming with Sharks » ou encore dans « Se7en » de David Fincher, où son interprétation terrifiante du tueur en série John Doe marque les esprits). Sa prestation ambiguë et complexe dans « Usual Suspects », en 1996, lui vaut l’Oscar du meilleur second rôle. Il multiplie les projets ambitieux, s’entourant de réalisateurs talentueux (Clint Eastwood, Sam Mendes) et s’affirme comme l’un des acteurs à la plus large palette de jeu, habile dans tous les genres, se donnant sans compter dans les différents projets, incarnant véritablement les rôles qui lui sont confiés. Il obtient, ainsi, en toute logique l’Oscar du meilleur acteur en 2000 pour « American Beauty ». Pour autant, malgré cette reconnaissance, Kevin Spacey n’hésite pas à occuper des rôles dans des films plus intimistes (« La Vie de David Gale », « Moon ») et à alterner films indépendants et plus grosses productions. N’ayant jamais perdu la joie de jouer, il est aujourd’hui un acteur très prolifique qui ne cherche à se cantonner dans aucune catégorie. C’est pourquoi, même s’il s’est illustré dans des rôles de sadiques ou psychopathes, il revient souvent à ses premières amours de comédie (« Comment tuer son boss ? », « Les chèvres du Pentagone »).

Si certains de ces films n’étaient pas à la hauteur de ses talents ces dernières années (de nombreux Direct-to-DVD chez nous), Kevin Spacey n’en demeure pas moins l’un des acteurs les plus intéressants de la planète Cinéma. Doué et habile dans tous les registres, il est parvenu à s’entourer des meilleurs réalisateurs et acteurs pour entretenir sa carrière. Excellant dans les personnages tourmentés, il est parvenu à étoffer ses capacités d’acteurs pour devenir aujourd’hui incontournable. Il a surtout su profiter de toutes ses expériences pour concrétiser un de ses rêves d’enfant en réalisant deux films : le thriller « Albino Alligator » et « Beyond the Sea », hommage au crooner Bobby Darin.


Le saviez-vous ?

N’ayant jamais oublié sa passion pour le théâtre, il est devenu en 2003 le directeur artistique du Théâtre de l’Old Vic à Londres. Il a ainsi continué à jouer dans différentes pièces avec succès, notamment le rôle de Richard III dans une mise en scène de Sam Mendes en 2011.


Filmographie sélective

réalisateur

2004 : Beyond the Sea
1997 : Albino Alligator

acteur

2012 : Margin Call, de J.C. Chandor
2011 : Comment tuer son boss ?, de Seth Gordon
2010 : Les chèvres du Pentagone, de Grant Heslov
2008 : Las Vegas 21, de Robert Luketic
2006 : Superman Returns, de Bryan Singer
2003 : La vie de David Gale, d’Alan Parker
2002 : K-Pax, l’homme qui vient de loin, d’Iain Softley
2002 : Terre Neuve, de Lasse Hallström
2002 : Hollywood Sunrise d’Anthony Drazan
2001 : Un monde meilleur, de Mimi Leder
2000 : American Beauty, de Sam Mendes
1998 : Négociateur, de F. Gary Gray
1998 : Minuit dans le Jardin du Bien et du Mal, de Clint Eastwood
1997 : L.A. Confidential, de Curtis Hanson
1996 : Se7en, de David Fincher
1995 : Usual Suspects, de Bryan Singer
1991 : L’Avocat des damnés, de John David Coles

Christophe Brange
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