affiche film

© KMBO - Pupkinproductions

TROPPA GRAZIA


un film de Gianni Zanasi

avec : Alba Rohrwacher, Elio Germano, Hadas Yaron, Giuseppe Battiston, Carlotta Natoli, Valerio Mastandrea, Thomas Trabacchi, Teco Celio…

Dans une prairie, une femme pique-nique avec son bébé prénommé Lucia. Tout d'un coup une météorite traverse le ciel et s'écrase au loin. 35 plus tard, Lucia est devenue géomètre. Alors qu'elle réalise des mesures sur un terrain, une femme, semblant être une réfugiée, s'assied à côté d'elle. Lucia s'excuse de ne pouvoir l'aider mais cette dernière lui annonce être la mère de Dieu…


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Photo film

Une belle idée de départ pour une comédie qui ne tient pas la longueur

Sur le papier, "Troppa Grazia" contient tous les ingrédients d'une bonne comédie italienne comme on les aime. Cela commence par un pitch des plus attractifs : une femme totalement athée voit sa vie perturbée par des apparitions régulières de la Madone. Ajoutons à cela deux des meilleurs acteurs transalpins : Alba Rohrwacher et Elio Germano. Le tout mis en scène par le réalisateur d'une des plus belles comédies italiennes des années 2000, "Ciao Stefano". Il n'en fallait pas plus pour émoustiller nos papilles cinéphiles.

La première partie honore parfaitement ce cahier des charges prometteur. Lucia, mère célibataire énergique se bat quotidiennement pour gérer la crise d'adolescence de sa fille, son mec volage et des patrons peu scrupuleux. Elle est à la limite du burn-out quand la Vierge lui apparaît. Très vite les quiproquos comiques s'imbriquent et les réparties font mouche dans la bouche d'une héroïne survoltée qui pense devenir folle au point de voir la Madone la suivre jusque dans son salon.

Un début fort réjouissant qui va malheureusement vite se dissoudre dans une histoire complexe et sans saveur. À force de trop en faire, le film va, comme son héroïne, ne plus savoir où il va et s’éparpiller dans tous les sens. Au lieu de se concentrer sur toutes les déconvenues qui peuvent découler d'un tel ressort comique, le réalisateur rabaisse son film à un niveau plus rationnel. Il laisse ainsi de côté le fantastique de la situation pour faire le portrait d'une femme en crise face au patriarcat encore beaucoup trop présent de nos jours.

Certes la cause est noble mais la deuxième partie du film, celle censée apporter quelques réponses, devient confuse et brouillonne. L'histoire oscille maladroitement entre chroniques sociales et envolées lyriques sans avoir une réelle ligne de conduite. De peur de tomber dans une polémique religieuse (ce qui n'est pas du tout le thème du film), le réalisateur déshumanise complètement le personnage de la sainte Vierge, la réduisant à un simple accessoire encombrant qu'on a du mal à maîtriser. En résulte un film bancal, illuminé ça et là de quelques très bons mots, mais qui ne va pas au bout de ses ambitions. Dommage !

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