affiche film

© Kanibal Films Distribution

THE BLACK POWER MIXTAPE

(The Black Power Mixtape 1967-1975)


un documentaire de Göran Hugo Olsson

avec : Erykah Badu, Harry Belafonte, Stokely Carmichael, Angela Davis, John Forté, Robin Kelley, Talib Kweli…

Associant musique et reportages, grâce à des rushes 16mm exhumés du fin fond d'un placard de la télévision suédoise où ils dormaient depuis plus de trente ans, « The Black power mixtape » est un documentaire qui retrace l'évolution du mouvement « Black power » de 1967 à 1975 au sein de la communauté noire américaine...


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Photo film

On ne se prend pas souvent des claques d’une telle violence au cinéma

Voici un documentaire venu tout droit de Suède, tout à la fois riche, original, instructif et édifiant. Son réalisateur suédois, Göran Olsson, s’est penché sur neuf ans de l’histoire des États-Unis et de son rapport avec la communauté noire entre 1967 et 1975 et plus particulièrement sur l’émergence du mouvement Black Power, celui-là même qui comprend les Black Panthers. Il a ainsi monté son film à l’aide de nombreuses archives de la télévision suédoise, alors très présente sur le continent américain pour couvrir les événements se rapportant à cette émancipation. Entre les interviews, les émissions ou les reportages télévisés, c’est une véritable mine d’information (très souvent inédite) qu'il nous est donné à voir et c’est un point de vue suédois qui nous est proposé sur le combat mené par les afro-américains pour leurs droits et contre la ségrégation raciale, la Guerre du Vietnam…

Il est donc intéressant d’analyser le regard porté par ce pays sur un autre. C’est un regard extérieur qui expose, essaie de comprendre et donne la parole (souvent inutilement malheureusement, les images des documents retrouvés se suffisant à elles-mêmes). Partant d’un constat (la ségrégation), montrant un combat (souvent médiatique, parfois violent) et dénonçant les dégâts (la drogue épandue dans le Bronx), le docu de Göran Olsson va au fond de son sujet. Sa matière première est si riche qu’il peut dresser les portraits de nombreux activistes charismatiques de cette époque : Stokely Carmichael et Angela Davis en tête.

Cette dernière (activiste noire à qui Yannick Noah a récemment dédié une chanson) fait l’objet d’un passage crucial du film. Göran Olsson a en effet remis la main sur un document unique qui ne sera pas moins que le point d’orgue de son film : une interview par un journaliste suédois qui la rencontre en prison, en 1972, et qui la questionne sur la légitimité d’avoir conduit des groupes armés dans sa lutte pour l’égalité. On vous laisse découvrir la réponse, mais rien que pour cette scène hallucinante, le film vaut d’être vu. On ne se prend pas souvent des claques d’une telle violence au cinéma.

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