affiche film

© CTV International

PORTRAIT DE FEMMES CHINOISES

(Knitting - Niu Lang Zhi Nu)


un film de Yin Lichuan

avec : Zhang Yi, Yan Bingyan, Lu Yulai...

La jeune Daping vit avec son petit ami Chen Jin dans un appartement miteux au cœur d’une grande métropole du sud de la Chine. Un jour débarque Haili, une ancienne amie de Chen Jin. Très vite, la cohabitation entre les deux jeunes femmes s’avère houleuse. Surtout que Daping est plutôt réservée et travailleuse, à l’inverse de Haili, qui se plaît à la tyranniser. Or quand Chen Jin abandonne le foyer, laissant sa petite amie enceinte et sans ressources, un lien semble se créer entre les deux femmes...


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Photo film

Le portrait un peu plat d’une Chine désolée

D’emblée, le personnage de Daping apparaît comme une victime de la vie. Maladroite, faible et peu affirmée, elle est l’amoureuse qui consent à tout et assiste, impuissante, à l’arrivée de la bouillonnante Haili. Sans grande surprise hélas. Ce duo de femmes, trop contrasté, ne passionne pas vraiment. Associé à la désolation de la ville et à l’inertie du récit, il ennuie même carrément.

Le personnage haut en couleur de Haili est le seul à sortir son épingle eu jeu, de par son ambigüité et sa vulgarité. Blessée par la vie et pourtant sans pitié envers les faibles, elle suscite successivement l’agacement et l’attendrissement. Son cirque permanent parvient ainsi à plusieurs reprises à tirer le spectateur de sa torpeur. Mais elle n’en demeure pas moins caricaturale, tout comme le lot d’injustices qu’elle incarne et qu’elle reproduit.

Yin Lichuan, qui est notons-le une romancière reconnue en Asie comme en Occident, ne parvient pas à donner de l’épaisseur à son tableau d’une Chine ni urbaine ni vraiment rurale que le chômage et la précarité maintiennent en marge de la société. Elle affiche néanmoins un style très personnel, qui vaut la peine d’être souligné : cadrages très larges, scènes composées comme des tableaux, jolie photographie. Son film manque simplement de souffle et d’épaisseur, sans doute parce qu’il laisse trop de place à la fatalité.

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