affiche film

© Paramount Pictures France

PAS TRÈS NORMALES ACTIVITÉS


un film de Maurice Barthélemy

avec : Norman Thavaud, Stéfi Celma, Rufus, Maurice Barthélemy, François Bureloup, Mauricette Gourdon, Dominique Marcas, Michel Scourneau, Patrick Bordier…

Karine et Octave, en couple depuis plusieurs années, quittent la capitale pour descendre dans un petit village de la Creuse où ce dernier récupère la vieille ferme de sa mamie décédée. C’est la jeunesse, l’insouciance pour eux… jusqu’à ce que des événements étranges se produisent : panne de courant, bruits dans la cuisine, sans compter le voisin qui les épie au loin sans broncher…


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Photo film

Phénomène para-Norman

Après « Casablanca Driver » son premier long-métrage en forme de promesse, après « Papa » son deuxième film intimiste qui le consacre, Maurice Barthélemy sort il y a deux ans sa plus mauvaise réalisation, « Low cost », au titre évocateur tant la qualité du scénario, de l’interprétation et de la mise en scène y est discount ! Avec « Pas très normales activités », l’ancien des Robins des bois retrouve l’esprit des films qu’il aime faire et certainement voir : une histoire tordue, bourrée de références, du grotesque et de l’humour. Son nouveau film explore un genre qu’il n’avait pas encore exploité : le cinéma fantastique, mais à la façon du film parodique ou quand « Paranormal activity » atterrit dans la campagne profonde française !

La bonne idée de Barthélemy a été de retrouver des conditions de tournage plus simple, comme sur « Papa » avec peu de comédiens, une équipe technique réduite et quatre semaines pour tout mettre en boîte. On ressent d’ailleurs beaucoup de sincérité, de fraîcheur et de simplicité dans le métrage. Barthélemy exploite au mieux la campagne creusoise qui lui sert de décor.. Ses plans dans les champs, ce soleil derrière les personnages et traversant les rideaux de la maison voire même la jupette de l’héroïne dans les premiers plans du film, ces nuages dans ce beau ciel d’été… On est assez épaté par le travail du chef op et de son réalisateur. Mais un film made in Barthélemy, c’est aussi de l’humour. Et le film n’en manque pas, surtout lorsqu’il se moque gentiment de la Creuse et du village où le jeune couple s’installe. La comédie domine également à travers le personnage détonnant (voire déconnant) interprété par Barthélemy lui-même et faisant frontalement référence au journaliste Hunter S. Thompson avec ses lunettes aux verres teintés. Enfin, vannes, jeux de mots et plaisanteries sont à retrouver avec une certaine finesse dans les dialogues envoyés comme des joutes verbales par le jeune couple.

Car l’autre bonne idée du scénariste/réalisateur a été de confier les premiers rôles à de jeunes comédiens en devenir. Pour interpréter Octave un jeune artiste qui n’en veut et qui se filme H24 pour montrer comment étaient leurs parents à ses futurs enfants, Norman "fait des vidéos" Thavaud apporte toute l’énergie nécessaire, la désinvolture paresseuse et le verbe djeun’s qui plaira certainement beaucoup aux ados et qui fait assurément mouche dans le film. À ses côtés, Stéfi Celma, vue dans « Case départ » et qui joue Karine, impressionne dans un rôle bien écrit de femme libre qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, et dont le charisme et le naturel frappent à l’écran. Face à eux, la vie campagnarde est présentée de manière un peu pauvre et stéréotypée, ce qui certes sert l’humour du film, mais ne rend pas honneur à nos villages de province… Barthélemy, pour sa part, se donne avec le personnage de Thierry Musseau, un rôle amusant d’obscène et de vulgaire mais se croit parfois toujours un peu trop dans ses sketches de troupe.

Le pire du film est à trouver dans le scénario. Malgré une bonne installation des personnages, du décor et des enjeux, on attend impatiemment que cette introduction cesse et que l’histoire décolle. Mais la faiblesse du script annihile tout développement de l’intrigue et on tourne souvent en rond dans la chambre du couple sans qu’il ne se passe strictement rien pendant une bonne moitié du métrage. Ensuite, on tourne à nouveau en rond avec Thierry Musseau et sa palette de caméras en tout genre. Le rôle de Rufus, enfin, est malheureusement sous-exploité et la révélation autour de son personnage vers la fin tombe à plat comme un ectoplasme. Dommage que l’inspiration que Barthélemy a déployé pour son casting, ses dialogues et la technique ne soit pas allée jusqu’à l’écriture de sa trame qui manque cruellement de souffle et ne tient pas sa promesse de bout en bout.

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