affiche film

© Ad Vitam

LOUISE ‚Äď MICHEL


un film de Gustave Kervern et Beno√ģt Delepine

avec : Yolande Moreau, Bouli Lanners, Beno√ģt Poelvoorde, Albert Dupontel, Francis Kuntz, Herv√© Desinge...

Louise est employée dans une usine. Un an à peine après un premier plan social, son patron lui demande, comme à ses collègues, de faire de nouveaux efforts. Pour mieux faire passer la pilule, il leur offre à chacune une blouse toute neuve et organise une fête. La joie n'est que de courte durée, puisque dès le lendemain les ouvrières découvrent que les machines ont été déménagées pendant la nuit. Elles décident alors de mettre en commun leurs indemnités de licenciement pour faire quelque chose de positif. Louise, pleine d'une imagination hargneuse, leur propose d'engager un professionnel pour butter le patron...


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Photo film

Une charge féroce contre les délocalisations et le capitalisme sauvage

Les cr√©ateurs de Grolandsat sont retour avec leur troisi√®me film, de loin le plus r√©ussit. Face √† cette histoire improbable et √† sa clique de personnages d√©g√©n√©r√©s et aussi l√Ęches les uns que les autres, on rit jaune comme pour leurs pr√©c√©dents films (¬ę¬†Avida¬†¬Ľ), car la moquerie est sans limite et n'√©pargne personne, faisant des petites gens des h√©ros ringards, et des patrons des caricatures insaisissables. Mais surtout car le fond appara√ģt peu √† peu comme aussi absurde que la forme. Gustave Kervern et Beno√ģt Delepine mettent en effet en √©vidence les imbrications de diff√©rents niveaux de l'√©conomie capitaliste (patron cong√©di√© avec indemnit√©s, fonds de pensions am√©ricains, Jersey comme paradis fiscal...) qui gangr√®nent le syst√®me de par leur apparente impunit√©.

Du coup, ¬ę¬†Louise - Michel¬†¬Ľ appara√ģt comme une √©pop√©e vengeresse jouissive, men√©e par des rat√©s au grand coeur, perdus dans leur crasse et leur m√©diocrit√©. Les auteurs osent et se moquent une nouvelle fois de tout (changement de sexe ou prise d'hormones, handicap, extorsion de petits vieux invalides...). Ils font appel aux pires instincts et cela fonctionne √† merveille, gr√Ęce √† leur bande d'acteurs habituels, auxquels viennent se joindre une Yolande Moreau des plus masculine et un Bouli Lanners en tueur pas si professionnel (il n'arrive pas √† faire dispara√ģtre le chien sur lequel un voisin impotent a mis un contrat...).

Qui d'autres que ces deux irr√©v√©rencieux aurait pu imaginer prendre des malades en phase terminale pour jouer les substitues √† des tueurs rat√©s? On en resterait presque estomaqu√©, si le sc√©nario n'assumait pas parfaitement ses propres d√©rives, donnant dans une surench√®re au final tr√®s dynamique. Une citation de Louise Michel, sur les riches, vient clore ce film de No√ęl en beaut√©, et ses √©chos sont particuli√®rement violents en ces temps de crise g√©n√©ralis√©e, d'in√©galit√©s grandissantes et de pratiques pour le moins contestables.

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