affiche film

© Memento Films Distribution

LE PASSÉ


un film de Asghar Farhadi

avec : Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa, Pauline Burlet

Après quelques années d’absence, Ahmad revient en France pour officialiser son divorce avec Marie-Anne. Il découvre une nouvelle famille en proie aux querelles et tentera de démêler, du mieux qu’il peut, ces discordes alors que lui même souffre encore de sa rupture passée.


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Photo film

Les affres de la séparation

Comme ce fut le cas pour ses deux précédents métrages "À propos d’Elly" et "La séparation", Asghar Farhadi a pour coutume de commencer une histoire pour brusquement chavirer dans une autre. Ici bien que le film soit beaucoup plus linéaire, le même processus se produit mais de façon plus latente. Tout d’abord focalisée sur l’histoire d’un ancien couple en instance de divorce, la narration glisse sur les souffrances d’une nouvelle liaison, source de conflit au sein de la famille recomposée qu’elle engendre.

Comme "Le passé" qu’effacent difficilement les essuie-glaces dans le générique, les anciennes rancœurs d’une séparation laissent des traces. Samir, le nouvel ami de Marie-Anne, a beau repeindre la maison, le souvenir de l’ex est encore bien présent. Une peinture trop fraiche qui colle de nouveau à la peau d’Ahmad, quand il tente de réconcilier Marie-Anne avec Lucie, la fille qu’ils ont élevée ensemble. Alors qu’il est venu tirer un trait sur un amour défunt, ce dernier se retrouve médiateur de ruptures tragiques qui ne sont pas les siennes.

Fidèle à son style, Asghar Farhadi décortique en profondeur la cruauté ordinaire d’un événement douloureux. Sa caméra accroche ses personnages dans leurs moindres faits et gestes, impliquant le spectateur dans l’essence même du drame. Un réalisme poignant qui dévoile des scènes criantes de vérité comme cette dispute violente entre Marie-Anne et Fouad son beau-fils. Victime collatérale d’un drame passionnel, le petit garçon résiste, pour finalement s’effondrer dignement sur un quai de métro. Certainement l’une des plus belles scènes du film.

La sordide vérité qu’on lui cache va petit à petit devenir la trame essentielle du film. Le réalisateur change alors de registre et aborde la séparation sous un angle presque policier. Les secrets jaillissent, dévoilant une intrigue, au premier abord totalement secondaire. Le personnage de Samir prend alors le pas sur Ahmad, le propulsant ainsi définitivement dans le passé. Cette deuxième partie, beaucoup moins introspective que la première souffre néanmoins de légères longueurs et se conclue par un final au lyrisme empesé, certes lourd de sens, mais en totale contradiction avec le ton incisif du film.
Loin d’être plus que parfait, "Le passé" n’en est pas moins adroitement composé… cruel et troublant.

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