affiche film

© 3B Production

LA ROUTE D’ISTANBUL


un film de Rachid Bouchareb

avec : Astrid Whettnall, Pauline Burlet, Abel Jafri


Elodie a trouvĂ© sa voie dans la religion. Convertie Ă  l’Islam, elle a changĂ© radicalement de comportement. Sa copine ne comprend pas et sa mĂšre Elisabeth n'a rien vu venir quand sa fille disparaĂźt et que la police la convoque pour lui annoncer qu'elle semble ĂȘtre partie pour le Djihad en Syrie. DĂ©vastĂ©e, Elisabeth parvient tant bien que mal Ă  contacter Elodie, qui complĂ©tement endoctrinĂ©e ne veut pas rentrer. A 18 ans, elle est majeure et la police française ne peut rien faire hors de ses frontiĂšres. Elisabeth n’a donc d’autres choix que de partir chercher sa fille



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Photo film

C’est Ă  la fin que le film dĂ©marre

Cela fait quelques annĂ©es que les cinĂ©astes francophones s’emparent du sujet de la radicalisation. Avec "La DĂ©sintĂ©gration", Philippe Faucon Ă©tait le premier Ă  rĂ©ellement dĂ©cortiquer le phĂ©nomĂšne, avant que Nicolas Boukrief avec son "Made in France" et aujourd’hui Rachid Bouchareb avec "La Route d’Istanbul" ne lui emboĂźtent le pas. La tendance ne va certainement pas s'arrĂȘter, vu les Ă©vĂ©nements commis en 2015 sur le sol français.

LĂ  oĂč Rachid Bouchareb se dĂ©marque de ses deux compĂšres, c’est sur le point de vue. Cette fois, ce n’est pas la vision des jeunes intĂ©gristes qui est analysĂ©e mais celle d’un parent, dĂ©semparĂ© par les choix de sa progĂ©niture qui lui semblent si irrationnels. Astrid Whettnall est formidable d’authenticitĂ© en mĂšre comprĂ©hensive qui tente de tisser une relation privilĂ©giĂ©e avec sa fille. Bouchareb montre Ă  quel point les parents sont seuls face Ă  ce genre de situations, qui plus est, angoissantes. Il est cependant regrettable que tant de temps soit consacrĂ© au voyage de la mĂšre et ses difficultĂ©s Ă  passer la frontiĂšre syrienne.

Car les moments les plus intĂ©ressants sont les Ă©changes entre la mĂšre et la fille. Malheureusement, ces derniers sont extrĂȘmement rares. Le rĂ©alisateur prĂ©fĂšre visiblement filmer le dĂ©sarroi de la mĂšre d’Elodie et son pĂ©riple pour la retrouver ; une partie du film qui aurait certainement mĂ©ritĂ© d'ĂȘtre raccourcie pour privilĂ©gier les retrouvailles et la confrontation mĂšre/fille. L’implacable scĂšne finale interrompt le film Ă  son moment le plus intriguant, faisant certainement passer Rachid Bouchareb Ă  cĂŽtĂ© d’un sujet bien plus intĂ©ressant et encore peu traité au cinĂ©ma : la tentative de rĂ©intĂ©gration.

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