affiche film

©Celluloïd Dreams

KOKTEBEL


un film de Boris Khlebnikov et Aleksei Popogrebsky

avec : Gleb Puskepalis, Igor Csernyevics, Evgenii Sytyi…

Un père et son fils parcourent les routes de Russie, dans but de rejoindre une tante, installée à Koktebel, le long de la mer noire. En chemin, ils rencontrent divers personnages…


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Photo film

Road Movie à l’est

La beauté de ce film tient à la fois à la qualité de la composition de ses plans, véritables tableaux à la tristesse inhérente, du fait d’un ciel couvert voire pluvieux, et à la justesse de l’interprétation, le couple père fils fonctionnant à merveille. L’ombre de la mère, décédée, n’occupe pas une si grande partie du film, plus tourné vers un espoir d’avenir, dans une cité balnéaire, porteuse elle, d’un espoir de temps meilleur(s).

Au fil de ce voyage, fait de train, de marche à pied, d’auto stop, les rencontres font l’autre intérêt de ce film russe, qui fait par moment penser à un autre film de l’est : Le retour. Ces visages, de l’aiguilleur, à l’infirmière, sont tous porteur d’un espoir sous-jacent, concernant l’avenir d’un pays, brusquement assombrit par l’étalement de la misère et la décrépitude. L’alcoolique qui leur demande de faire réparer sa maison, est finalement le seul vrai symbole de la précarité de le situation.

Mais ces rencontres sont aussi les signes d’un changement de direction, de choix de vies, entre le père et le fils, dont les enjeux personnels sont de nature nécessairement différente. On s’émeut forcément de la réaction du fils, qui voit la place de sa mère menacée. On s’attendrit sur le regard de ce père, dont la force n’est jamais mise à mal, même dans les pires situations. Son rôle de guide et de protecteur solitaire, lui pèse, et cela finit par se voir, malgré lui. Et les metteurs en scènes capte cette essence de personnage blessé mais toujours taciturne, jouant la provocation par l’humour.

De misère il n’est finalement que peu question dans ce film, comparé à l’humanité et à l’entraide naturelle entre compatriotes. Et l’on n’oubliera ni le regard de ce gamin à l’enfance vacillante, ni les quelques regard qu’il jette ) l’infinie, suivant son père, ou espérant peut être sa mère, ou un avenir différent. Du bord d’une jetée vue de dessus, à quelques fruits volés sur un pommier bringuebalant, chaque image marque la rétine, irrémédiablement.

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