affiche film

© Mars Distribution

L'HOMME QU’ON AIMAIT TROP


un film de André Téchiné

avec : Catherine Deneuve, Guillaume Canet, AdĂšle Haenel, Jean Corso, Judith Chemla...

AgnĂšs Le Roux rentre des États-Unis et rejoint la rĂ©sidence familiale Ă  Nice oĂč sa mĂšre, RenĂ©e Le Roux, s’occupe du casino le Palais de la MĂ©diterranĂ©e. AidĂ©e par son avocat conseil, Maurice Agnelet, cette derniĂšre doit faire face aux agissements de Jean-Dominique Fratoni qui veut sous sa coupe tous les casinos de la Riviera



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Photo film

Victime de l’actualitĂ©

PrĂ©sentĂ© Hors compĂ©tition au Festival de Cannes 2014, le dernier TĂ©chinĂ© s’inscrit dans une tradition « Deneuvienne » et biographique. C’est la septiĂšme fois que le rĂ©alisateur de "Ma saison prĂ©fĂ©rĂ©e" retrouve son actrice fĂ©tiche et, aprĂšs les rĂ©cents "Les TĂ©moins" et "La Fille du RER", c’est Ă  nouveau l’Histoire qu’il convoque pour traiter ici une des affaires les plus mystĂ©rieuses de notre pays : la disparition en 1977 d’AgnĂšs Le Roux et la culpabilitĂ© prĂ©sumĂ©e de Maurice Agnelet autour d’une histoire d’argent et de casino en pleine Riviera.

TĂ©chinĂ© prend donc prĂ©texte de ce tragique fait divers, toujours non rĂ©solu Ă  ce jour, pour traiter une histoire trĂšs shakespearienne – faite de trahison, d’amours impossibles et tourmentĂ©es, de crime et de vengeance –, et ainsi rĂ©aliser un grand film d’amour dramatique. Sauf que ce grand film attendu ne sera finalement qu’une promesse vaine, tant le souffle dramatique est absent et la platitude de la mise en scĂšne dĂ©cevante.

Sur le fond de l’affaire, on apprend Ă  mieux connaĂźtre les protagonistes et leurs motivations. TĂ©chinĂ© prend ici plaisir Ă  nous montrer que la rĂ©alitĂ© dĂ©passe parfois la fiction. Le scĂ©nario fait donc apparaĂźtre les sentiments exacerbĂ©s d’AgnĂšs Le Roux pour l’avocat de sa mĂšre. AdĂšle Haenel est magnifique dans ce rĂŽle de jeune fille riche d’abord forte et sĂ»re d’elle puis se rĂ©vĂ©lant de plus en plus fragile, au fur et Ă  mesure des sentiments amoureux qu’elle Ă©prouve pour Maurice Agnelet et qui la submergent. Ce petit avocat, sans grand talent, au charme et Ă  l’assurance dĂ©concertants, est prĂ©sentĂ© comme un vil manipulateur, ce que s’accordent Ă  dire tous les tĂ©moins de l’affaire. Guillaume Canet, cet homme qu’on aimait trop, s’amuse Ă  jouer sur les deux tableaux de la sĂ©duction et de l’intoxication, devenant le poison de la famille Le Roux aprĂšs avoir Ă©tĂ© Ă  ses cĂŽtĂ©s et avant d’ĂȘtre dĂ©savouĂ© par celle qui tient les rennes du casino le Palais de la MĂ©diterranĂ©e. RenĂ©e Le Roux, la mĂšre, est prĂ©sentĂ©e comme une femme forte, au caractĂšre bien trempĂ©, qui sait ce qu’elle veut et dont toute la nuance est Ă  chercher dans ses motivations : elle est, en effet, davantage dĂ©terminĂ©e Ă  faire tomber Maurice Agnelet – plutĂŽt que de faire Ă©clater toute la vĂ©ritĂ© – aveuglĂ©e par son ressentiment !

TĂ©chinĂ© dĂ©cortique mĂ©ticuleusement ses personnages et les exploite Ă  bon escient. On se rend bien compte que le fait divers, qui court sur plus de trente ans, ne l’intĂ©resse pas autant que les relations qui ont poussĂ© Ă  cette disparition. Point de rĂ©vĂ©lation, peu d’explications sur les hypothĂšses mafieuses ou politiques, pas d’interrogatoires de police, ni de garde-Ă -vue. La derniĂšre partie semble bĂąclĂ©e avec une longue scĂšne de procĂšs sans saveur et dont le dĂ©nouement est proprement contredit par les derniĂšres actualitĂ©s d’avril 2014, stupĂ©fiantes, et qu’un simple texte avant le gĂ©nĂ©rique final rappelle. De quoi malheureusement laisser le spectateur sur sa « fin » 

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