affiche film

© Pathé Distribution

EN MAI FAIS CE QU’IL TE PLAIT


un film de Christian Carion

avec : Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, August Diehl, Alice Isaaz, Matthew Rhys, Laurent Gerra, Christophe Rossignon


Un Allemand, recherchĂ© pour trahison, quitte prĂ©cipitamment son pays avec son fils Ă  la veille de la seconde guerre mondiale. Il trouve refuge dans le nord de la France et tente, tant bien que mal, de sauver sa couverture de Belge rĂ©fugiĂ© en France. Sauf qu’il finit par ĂȘtre arrĂȘtĂ© et envoyĂ© en prison, laissant son fils auprĂšs de l’institutrice du village. En mai 1940, le maire alerte ses concitoyens de la situation (les Nazis progressent dans notre pays) et les invite Ă  prendre la route vers le sud pour rejoindre Dieppe, encore Ă©pargnĂ©e par l’occupation



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Photo film

Un kilomùtre à pied, ça use, ça use


L’auteur de "Joyeux NoĂ«l" rouvre le livre de la guerre 39-45 et se remĂ©more les consĂ©quences pour le peuple français de l’époque : ils ont Ă©tĂ© des millions Ă  quitter leur foyer et Ă  prendre les routes pour rejoindre des villes Ă©pargnĂ©es par l’occupation. Carion dĂ©die d’ailleurs son film Ă  sa propre famille, qui a aussi connu cet exode. Le rĂ©alisateur fait donc du microcinĂ©ma en suivant le destin de petites gens confrontĂ©s par ce qui les dĂ©passe : un maire qui assume ses responsabilitĂ©s, une institutrice qui s’improvise mĂšre, un enfant que son pĂšre recherche, etc.

Alors bien sĂ»r, on note aisĂ©ment le parallĂšle entre ces familles sur les chemins fuyant la guerre et celles des rĂ©fugiĂ©s d’aujourd’hui qui font l’actualitĂ© brĂ»lante de nos journaux quotidiens. Il n’y a bien que le noir et blanc des documents d’archive d’antan qui les diffĂ©rencie du phĂ©nomĂšne actuel. Carion, qui a dĂ©veloppĂ© son film bien avant ces migrations de l’est vers l’ouest, a surtout voulu donner vie au cinĂ©ma Ă  cette petite page dans l’encyclopĂ©die de l’histoire de la seconde guerre mondiale.

C’est bien tentĂ© mais des gens marchant sur une route, rien de bien cinĂ©gĂ©nique ! Une fois qu’on les a filmĂ©s de cĂŽtĂ©, de face et de haut, il ne reste plus qu’à trouver quelques anecdotes qui racontent un peu cette vie en groupe. Mais c’est bien maigre pour en faire un film d’au moins 1h30. Comment alors divertir les spectateurs avec cette base historique ? Carion a trouvĂ© la solution en introduisant un rĂ©cit secondaire qui voit un Allemand s’opposer au rĂ©gime nazi, trouver refuge dans un petit village français, se faire emprisonner puis aller Ă  la recherche de son fils parti sur les routes avec les autres villageois. C’est d’ailleurs le segment du film le plus rĂ©ussi, notamment lorsqu’il est accompagnĂ© d’un soldat Ă©cossais.

Le rythme est alors plus soutenu, le suspense bien prĂ©sent et le duo germano-Ă©cossais fonctionne parfaitement bien. L’excellente prestation des deux comĂ©diens Ă©trangers est Ă  souligner, en particulier celle de Matthew Rhys, cornemuse Ă  l’épaule ! Ça se gĂąte, en revanche, quand on retourne avec les Français, tant leur partition est redondante et soporifique. Sans compter que l’écriture des rĂŽles crĂ©Ă©s pour Olivier Gourmet et Mathilde Seigner n’a rien de marquant. Tout juste nous souviendrons-nous de l’institutrice, jouĂ©e avec talent par Alice Isaaz, et du drĂŽle de poivrot maladroitement interprĂ©tĂ© par un Laurent Gerra un peu agaçant


Loin de la rĂ©ussite de "Joyeux NoĂ«l", ce nouveau film de Christian Carion aura donc le mĂ©rite d’avoir cette caution historique qui lui attirera certainement les sorties scolaires pour collĂ©giens. Toutefois, ça ne fait malheureusement pas de lui un grand film sur la seconde guerre mondiale, principalement Ă  cause de son scĂ©nario bancal et dĂ©sĂ©quilibrĂ©, d’une interprĂ©tation en demi-teinte et d’une rĂ©alisation certes loin du tire-larmes mais parfois trop thĂ©Ăątrale pour emporter l’adhĂ©sion.

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