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© Sarah films

CELLE QUI VIVRA


un film de Amor Hakkar

avec : Meryem Medjkane, Muriel Racine, Hichem Berdouk, Nicolas Dufour, Hamama Hamdi…

Dans un petit village d’Algérie au début des années 80, Aïcha enseignante d’école primaire, entend une amie lui dire qu’une femme française cherche des informations sur son fils décédé pendant le conflit franco-algérien vingt ans plus tôt. Aïcha ayant vécu un siège de l’armée française alors qu’elle était toute jeune, vient à sa rencontre. Les souvenirs et les blessures de ce conflit vont très vite ressurgir...


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Photo film

Une interprétation qui empêche toute empathie

Il est très peu fréquent de voir sortir en salle des films sur la guerre d’indépendance de l’Algérie, comme si ce conflit restait encore tabou dans les mémoires, empêchant les tentatives de voir le jour. Ceci est regrettable, mais l’est d’autant plus lorsque le peu de concrétisations se soldent par des productions fades et sans envergures. Hormis « Loin des Hommes » et « L’ennemi intime », peu de productions furent satisfaisantes ces dernières années à la fois dans leur traitement, leur interprétation et leur puissance émotionnelle.

Ce ne sera encore malheureusement pas le cas avec « Celle qui vivra », qui prend comme point de départ la rencontre de deux femmes liées par la prise en siège d’un douar des Aurès par un capitaine obstiné à se venger des algériens depuis la débâcle de l’armée française contre celle allemande en 1940. L’une n’était qu’une enfant cachée et assista au meurtre de sang froid de son père par l’un des soldats français, l’autre était la mère d’un jeune de l’infanterie ayant participé au siège et ayant péri pendant la bataille. C’est au détour de flash-back que le réalisateur franco algérien va tenter de donner corps à ces deux personnages.

Malheureusement, deux problèmes de taille s’imposent dans cette entreprise. D’abord le film peine à trouver son rythme entre les flash-backs de l’une et de l’autre. Le montage en général aurait gagné à être resserré, ceci malgré le fait que le film ne fait qu’une heure vingt. Cependant, c’est surtout l’interprétation sans conviction ni envergure qui grève le film et notre capacité à être touché par cette pourtant poignante histoire. On a souvent l’impression de voir deux acteurs réciter leurs textes, en particulier dans cette chambre d’hôtel si morne. A contrario, on a un capitaine au sur-jeu exaspérant, s’enfonçant dans le stéréotype du raciste. Le final est connu, deviné longtemps à l'avance, mais traîne en longueur par un jeu sinistre du capitaine, et l'accumulation des défauts n’incite malheureusement pas le spectateur à aller jusqu’au bout du métrage.

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